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Amazon et le salon du livre de Paris

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2013 avant 2014 !

Amazon, l'absence symbolique

En 2012, j'étais naturellement déjà absent de ce salon ! Mais Amazon s'y déballa de manière ostensible, un stand de 80 m².
Certes il ne s'agit pas d'une surface record. Cette année, par exemple, « LE LIVRE DE POCHE », pour ses 60 ans, est annoncé "sur près de 180m²" avec "10 grandes affiches", mais également "1200 visuels de couverture." Avec des « témoignages vidéo de personnalités » : "Katherine Pancol, Erik Orsenna, Christian Lacroix et bien d’autres." Mais il est intéressant de noter que ceux-là sont spécifiés !
Le Livre de Poche fut créé en 1953 par Henri Filipacchi mais il s'agit d'une filiale d'Hachette... depuis 1954. Donc une maison Lagardère, soyons clairs !

Le président qui remplaça monsieur Antoine à la tête du grand Syndicat, semble regretter cette absence, et sa formule me donna l'impression de pouvoir déranger, presque choquer (certes pas moi), après quelques années où le couple éditeurs traditionnels (ce qu'il en reste) libraires traditionnels (ce qu'il en reste) s'annonçait ressoudé.
Et j'ai effectivement déniché une colère, chez Stéphane Émond, président de l’association des librairies indépendants "Initiales", dans un communiqué débutant par « C’est un secret de Polichinelle, éditeurs et diffuseurs, les uns et les autres, les uns ou les autres, consentent à Amazon des remises commerciales a minima de 40 % allant certainement jusqu’à 50 % (...) À cette vérité inavouée que nous tendons tel un miroir déformant à nos interlocuteurs (représentants, chef des ventes, directeurs commerciaux), il nous est répondu la main sur le cœur que c’est faux, qu’au grand jamais cela ne sera et que ce grand marchand de livres en entrepôt bénéficie des mêmes conditions commerciales que les librairies indépendantes. » Il arrivait ainsi à l'actualité : « La récente déclaration sans ambages du président du S.N.E, M. Vincent Montagne, lors de la présentation du Salon du livre 2013, est à ce titre instructive. Regrettant l’absence du géant de la vente en ligne pour l’édition 2013, celui-ci a déclaré : "Amazon n’est pas simplement un opérateur dans le monde numérique mais surtout un libraire". Nous espérons que cette remarque n’engage que lui mais nous n’y croyons guère. Cette délicate sortie en dit long sur la fracture désormais consommée entre l’édition et la librairie indépendante. Mais ce monsieur se berce d’illusions s’il pense qu’il va pouvoir garder sa place, celle d’éditeur et celle de sa filière. Jeff Bezos l’a dit "les seules personnes nécessaires dans l’édition sont l’écrivain et le lecteur". Si le libraire disparaît, la mort de l’éditeur suivra. »
http://www.initiales.org/Communique-des-libraires-Initiales.html
(Ah s'il pouvait dire vrai dans sa conclusion, malheureusement je pense qu'il se trompe : le libraire "traditionnel" disparaîtra tout simplement car il n'est pas adapté à la vente de livre ! Assertion scandaleuse, je sais ! Argumentée donc : une librairie, c'est un endroit où se rend l'acheteur mais cet espace physique ne peut posséder en stock qu'un nombre dérisoire de livres... et si nous comprenons tous qu'un libraire accepte de commander et sera livré "rapidement"... le client devra repasser, il ne reçoit pas le livre à domicile... quand on veut faire se déplacer un client il faut posséder en rayon tout ce qu'il veut acheter ! Ce qui est adapté au livre, c'est la vente par Internet où l'acheteur reçoit le livre immédiatement en numérique ou par la poste en envoi sécurisé, suivi...)
Des métiers disparaissent tout simplement car ils ne correspondent plus aux souhaits des consommateurs. Plutôt que de s'en prendre à Amazon (qui conserve 30% de la vente de mes ebooks qui lui sont distribués par Immateriel, qui gère les flux contre une marge de 10%, soit 40% de remise effective éditeur), de lui dénier la qualité de libraire, ce monsieur devrait s'interroger sur ses pratiques, comme d'avoir accepté durant des décennies de travail avec des distributeurs par lesquels les auteurs indépendants ne pouvaient passer.

Vincent Montagne aurait même écrit, selon le site ActuaLitté, au président d'Amazon France à ce sujet : « C'est aussi en habituant les différents acteurs, les éditeurs, à votre présence que vous vous ferez accepter d'eux de plus en plus. » Ce qui ne sera pas forcément plus apprécié par le petit monde de la librairie ! N'ayez pourtant aucun doute, chers libraires, comme les grandes maisons ont préféré travailler avec les grandes chaînes de distribution plutôt qu'avec les "'petits indépendants", elles préfèrent travailler avec les mastodontes du net ! Même si, en danger "à cause de l'auto-édition" elles cherchent des partenaires ! Libraires, à monter sur le même bateau que les grands groupes de l'édition, vous perdez toujours à long terme ! Ces phrases du patron du salon ont le grand mérite d'exprimer tout haut une évidence, même si les libraires seront fraternellement rassurés par des poignées de mains et de grands sourires : travailler avec Amazon est normal, peu importe si en même temps des libraires luttent pour garder le marché ! La "bonne petite librairie indispensable", c'est certes un bon slogan pour obtenir des subventions, mais c'est complètement dépassé, un créneau voué à disparaître. La librairie doit choisir entre s'ouvrir au numérique ou disparaître ! Tout simplement ! Mais vous préférez vous bercer d'illusions ! Pendant ce temps-là, des éditeurs verrouillent les contrats avec les auteurs car il est bien là, pour eux, le danger, dans la fuite des écrivains vers l'indépendance. S'afficher avec vous, c'est simplement pouvoir prétendre "nous sommes une grande famille."

Romain Voog, le président d'Amazon France, ne serait pas responsable de cette décision, qui viendrait de tout en haut, des Etats-Unis. Il est vrai que tout écrivain aurait dû être choqué par les propos d'Aurélie Filippetti, son accusation, le 9 janvier 2013, de la « concurrence déloyale » d’Amazon pour expliquer le dépôt de bilan de VirginMegaStore (de nombreux anciens disquaires ont pourtant considéré leur disparition comme une conséquence du développement des grands groupes avec lesquels nos majors préféraient travailler et ont souvent accusé les politiques de les avoir laissés crever). VirginMegaStore travaillait avec les éditeurs vraiment indépendants ?

Après le reportage à la télévision allemande sur des conditions de travail chez Amazon, l'intervention tricolore peut avoir été la goutte d'attaque qui a brisé le pot des investissements non rentables...

Si l'an passé, la présence d'Amazon s'inscrivait dans la logique du lancement du Kindle, en 2013 la force de frappe du cybermarchand dans le secteur numérique, son contact direct et permanent avec les éditeurs (dont les indépendants) et le grand public, n'avait probablement pas besoin d'un supplément Salon du livre de Paris...


Publié dans :


Le salon du livre de Paris sans moi




Le salon du livre de Paris 2013 : sans moi !
Réédité en 2014...

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